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Dépressifs s'abstenir

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Midnight




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Date d'inscription : 16/04/2014
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MessageSujet: Dépressifs s'abstenir Ven 2 Mai - 17:56:05

Un petit texte bizarre...

Je suis un monstre. Vous vous demandez peut-être comment j'en suis arrivée à cette conclusion. Je ne dirais pas que je me suis levée un matin et que du jour au lendemain j'étais devenue folle. Non, ça a été beaucoup plus progressif, plus subtil. Si bien que je ne m'en suis pas aperçue tout de suite. Mais un jour dans le miroir, j'ai bien été obligée de constater que l'innocente gamine avait été remplacée par... ça. Vous direz certainement que c'est passager, ce n'est que l'adolescence qui fait ça. Et que cette haine que j'éprouve pour toutes les personnes qui ont le malheur de croiser mon regard, ça arrive à tous les gens de mon âge. Que ça disparaîtra en grandissant. Mais je ne peux pas m'empêcher de détester le monde autour de moi. L'amour et le bonheur qu'ils peuvent éprouver m'écœure. Cette jeune mère avec son enfant, ce couple qui se tient par la main, cet enfant qui court en criant de joie. Et moi, seule au milieu de ce débordement d'allégresse. Ils n'ont pas le droit d'être heureux, de faire comme si le monde continuait de tourner malgré tout, et que la tristesse n'existait pas. Ailleurs, la guerre fait rage, des enfants crèvent de faim, des femmes sont battues, et des hommes boivent pour oublier qu'ils sont si dépendants, si faibles. Mais ils s'en foutent. Le soleil brille alors tout va bien. Moi non plus je n'en ai rien à faire de la guerre, la famine... Mais eux, s'ils n'ont aucune raison d'être malheureux, il faut bien leur en trouver une.
Je leur en veux, mais il m'arrive quand même, lorsque le peu d'humanité que j'ai en moi ressort, de ressentir une vague de tendresse pour quelqu'un. Cette petite fille qui joue à la poupée, assise dans l'herbe. J'ai envie de lui hurler :
« Sois heureuse ! Détruis autant de vie que nécessaire, sois aussi superficielle que tu le désires, construis ta joie sur le désespoir des autres, mais sois heureuse. C'est tout ce qui compte, le reste, tu t'en fous. Sois heureuse ! Ne fais pas les mêmes erreurs que moi. La folie m'a déjà atteinte, la haine m'a bouffée de l'intérieur, il est trop tard. Mais toi, tu as encore une chance. Sois heureuse. »
Là, elle sourit, et je la déteste d'appliquer aussi bien mon conseil. Je déteste ses cheveux blonds sublimés par le soleil, ses yeux verts trop irréels. Et son sourire trop beau, dans sa petite vie trop parfaite. Je suis redevenue le monstre.
Un jour, quelqu'un m'a demandé si j'avais déjà aimé. Cette question m'a prise de court. J'ai répondu non, parce que l'amour est une faiblesse, une faille dans laquelle n'importe qui peut s'engouffrer pour vous faire du mal. Je ne veux pas me montrer faible. Mais la vérité est que j'ai connu l'amour. Ce sentiment est le plus cruel de tous. Il vous emplit de joie, votre existence semble merveilleuse, et, au moment où le bonheur semble le plus intense, où il n'y a plus rien d'autre qui compte, il disparaît. Et il vous laisse seul, démuni, effondré. J'ai tenté de me reconstruire, d'oublier son souvenir. Mais il est toujours là. Je donne l'impression d'être forte, insensible et sans faille. Mais c'est parce qu'il n'y a plus rien. Mon cœur a gelé pour éviter au sang de couler.
Alors soyez heureux, aimez tant que ça vous chante. Mais n'oubliez pas que c'est une faiblesse et que la rancune nous rattrape tous.
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Midnight




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MessageSujet: Re: Dépressifs s'abstenir Mer 14 Mai - 19:33:36

En général, j'écris peu de poèmes, la prose me vient beaucoup plus naturellement...
Mais c'est une forme que j'adore, et en écrire reste toujours un plaisir !

Oublier

Je voudrais juste pouvoir tout oublier,
Oublier tous les espoirs résignés,
Oublier tous ces révoltants mensonges,
Oublier cette folie qui me ronge.

Oublier l'innocence qui part en loque,
Oublier l'espérance qui se disloque,
Oublier la longue attente du bonheur,
Oublier que la beauté n'est qu'un leurre.

Oublier les belles joies révolues,
Oublier tous les rêves disparus,
Oublier toutes les larmes versées,
Oublier même jusqu'à oublier.

_________________
"Rien n'est plus drôle que le malheur"
Samuel Beckett
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Midnight




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MessageSujet: Re: Dépressifs s'abstenir Sam 7 Juin - 19:50:40

Encore un petit texte tristounet, pour changer...

Une goutte. Bientôt suivie d'une autre, puis d'une dizaine, une centaine, une averse de gouttes d'eau qui s'écrasent sur le sol. Le ciel pleure, les flots hurlent à la mort. Les gouttes d'eau se laisse incessamment tomber dans une chute suicidaire, projetant des gerbes d'eau en rejoignant celles déjà à terre. Elles ont de la chance. Après leur chute mortelle, elles s'évaporent dans l'air. Et elles, au moins, elles iront au ciel. Parce que là-haut, ce sont pas les anges qui pleurent. Ou alors, ils chialent juste parce qu'on leur a menti, à eux aussi, et qu'ils comprennent qu'ils n'existent pas. Ils sont juste là dans les esprits des gens faibles, ceux qui ont besoin de consciences supérieures pour se rassurer. Les gouttes d'eau ne sont pas faibles, elle. Elles ont compris, elles, qu'on est toujours seuls. Que la vie n'est qu'une succession de petites morts, qu'elle nous fait espérer une belle existence pour mieux nous tuer à nouveau. Il pleut sur le monde. Je laisse les flots s'abattre sur ma peau, comme s'ils pouvaient désintégrer cette prison de chaire qui m'enchaîne. Mais ces gouttes ont beau être fortes, elles ne sont pas ce poison qui pourrait me guérir. Alors je pleure, et mes larmes se mêlent à la pluie. Ces larmes qui témoignent de ma propre faiblesse. Je laisse ce corps inutile choir à terre et j'attends. J'attends qu'on m'en libère. Que ce soit un ange, un démon, ou une simple goutte de pluie. Je ferme les yeux et je laisse la vie me tuer à sa guise.

_________________
"Rien n'est plus drôle que le malheur"
Samuel Beckett
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